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La vie du Refuge de l'Arche de Noé, association alsacienne de protection des animaux de rente. http://www.refugenoe.fr/

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Panique dans le poulailler


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Un, deux, trois, dix, vingt, cent, mille… ils sont en fait des millions ! « Ils » ce sont les poulets, entassés par 10 000 à 100 000 dans des hangars (4 milliards annuellement pour l’Union Européenne), 15 à 24 par m² ! La seule fois où les pauvres bêtes quitteront ces lieux sordides, ce sera pour leur ultime voyage, celui dont on ne revient pas… Ils auront alors environ 40 jours ! Eh oui, ici, la vie n’est pas comptabilisée en années, ni même en mois mais en jours ! Rentabilité maximale oblige, tout a été étudié afin que ces oiseaux destinés à la consommation, atteignent dans ce bref délai le « poids idéal », celui où l’animal aura développé un maximum de muscle donc de viande…

 

Il faut hélas bien reconnaître qu’en dépit de ce qu’elles subissent, la brève vie des volailles en question ne suscite que peu d'émoi : cela est très probablement du en partie à la méconnaissance des réalités inhérentes à ces élevages mais, beaucoup plus prosaïquement, une autre évidence s’impose : le consommateur « Lambda » cherche avant tout son intérêt qui, en l’occurrence, se traduit par la somme qu’il déboursera à la caisse de son supermarché ! Pour pouvoir proposer des coûts prohibitifs, les « industriels » -car il faut bien les nommer ainsi- de cette filière, sont contraints de réduire tous les frais… On comprendra aisément que, dans ces conditions, certaines notions telle le « bien être » animal, sont pour le moins négligées voire totalement ignorées : rendement et meilleur rapport qualité / prix sont les seuls aspects fondamentaux à être retenus et, au diable toute sensiblerie ! Bref, en quelques décennies à peine, on sera passé d’un élevage traditionnel à échelle humaine à une monstrueuse industrie où l’éleveur aura certes été élevé au rang de « chef d’entreprise » mais où, paradoxalement, il n’aura strictement plus aucun pouvoir ! Les vrais décideurs, outre les banquiers tout puissants, sont évidemment ailleurs mais cela, finalement, importe peu puisque les uns autant que les autres ont un seul but : toujours plus de rentabilité et ce à n’importe quel prix ! Les pauvres volailles soumises au régime intensif ne se plaignant pas et, de plus, le marché semblant toujours porteur, on exploite le filon autant que possible…

L’élevage concentrationnaire de poulets recèle néanmoins bien des problèmes ! Ainsi, la prise de poids excessive due à une alimentation enrichie : ce sont les muscles qui grandissent rapidement (la partie qui est consommée) mais la structure des pattes ne suit pas la même évolution que celle du reste du corps ! Selon un rapport de la P.M.A.F. « Les pattes fléchissent sous le poids surdimensionné du corps. En conséquence, tous les ans, des millions de poulets de chair de l’UE souffrent de douloureuses déformations des pattes ou de paralysie. Dans le pire des cas, ils peuvent à peine marcher et ne se déplacent qu’en rampant. Certains meurent de faim et de déshydratation car ils n’arrivent tout simplement pas à se rendre aux points d’eau et de ravitaillement. Le professeur Donald Broom explique qu’élever des animaux dont le corps est surdimensionné par rapport aux pattes « c’est comme si un enfant de neuf ans devait se tenir sur les jambes d’un enfant de 5 ans ». Souvent, le cœur ne peut suivre le développement trop rapide du corps. Tous les ans, des millions de poulets de chair de l’Union européenne succombent des suites de faiblesses cardiaques avant même d’atteindre leur âge d’abattage de 6 semaines. Les problèmes cardiaques les plus courants sont des ascites et le « symptôme de la mort subite ».

Mais, comme les animaux sont abattus très jeunes (en moyenne à 41 jours) cet inconvénient n’a même pas le loisir de devenir un réel manque à gagner pour les producteurs : ce n’est qu’au-delà de l’âge requis pour leur abattage que les poulets succombent rapidement et massivement à l’obésité qui les guette immanquablement ! Le Refuge de l’Arche de Noé a, à diverses reprises déjà, pris en charge de tels oiseaux (en âge d’être sacrifiés) : en dépit d’une alimentation saine, d’un cadre de vie idéal, de soins appropriés, ils ne survivent que peu de temps (1 an en moyenne) et cela dans des conditions souvent pour le moins pénibles !

 

Si l’élevage proprement dit des poulets de chair peut donc être légitimement soumis à caution, les étapes suivantes ne sont guère plus reluisantes : ainsi, ce qui est communément appelé « le ramassage » constitue une réelle épreuve supplémentaire ! Les animaux en âge d’être abattus sont attrapés pour être entassés dans des caisses prévues à cet effet : des équipes vident très rapidement les élevages en attrapant dans chaque main 4 à 5 oiseaux suspendus la tête en bas… Cette opération, on s’en doute, n’est pas sans conséquences et de nombreuses bêtes périssent des suites d’hémorragies ou de fémur enfoncé dans l’abdomen…

Vient ensuite le transport vers le lieu d’abattage : entassés dans des cageots (toujours en raison d’un rendement maximum) les volailles sont tantôt soumises aux températures caniculaires, tantôt au froid extrême et ce, bien souvent, des heures durant… Là encore, beaucoup mourront en chemin, victimes de leurs blessures ou des conditions extrêmes imposées par le transport !

Enfin, étape ultime, l’abattoir : toujours selon le même rapport de la P.M.A.F. : « Les oiseaux sont suspendus la tête en bas, à des crochets de fer ; la compression des pattes par le métal provoque des douleurs. Les crochets suivent un rail en mouvement qui amène les oiseaux terrifiés vers un bain d’eau électrifiée dans lequel la tête est plongée. Ceci est destiné à les étourdir ; ils sont ensuite dirigés vers des lames automatiques. Beaucoup de poulets ne sont pas étourdis correctement et reprennent conscience juste avant ou après qu’on leur ait tranché la gorge. Certains échappent d’emblée au bac destiné à l’étourdissement et sont totalement conscients lorsqu’ils se dirigent vers les lames automatiques. La science a démontré que pour offrir une mort rapide, les deux artères de la carotide (principale alimentation de sang vers le cerveau) doivent être sectionnées. De nombreux abattoirs ne se soumettent pas à ce procédé ce qui signifie qu’il faut plus de temps aux oiseaux pour perdre tout leur sang jusqu'à ce que mort s’en suive et que certains reprennent conscience au cours de ce processus. Certains oiseaux sont toujours vivants lorsqu’ils sont plongés dans l’échaudoir (prévu pour relâcher les plumes avant que l’oiseau ne soit plumé). Les abattoirs modernes tuent de 8 à 10 000 poulets à l’heure – ce qui représente la mort d’environ 170 oiseaux à la minute. A une telle vitesse il est difficile, voire impossible, d’assurer correctement le bien-être des animaux ou une certaine hygiène de la viande… ».

 

Les poules pondeuses aussi…

Concernant l’élevage intensif de poules pondeuses, le constat est tout aussi déplorable : là aussi (rendement oblige) l’entassement et la négation de tout comportement naturel sont de mise ! Pas question pour ces « machines à produire des œufs » de perdre leur temps et leur énergie en de vaines activités comme prendre un bain de poussière, gratter le sol ou, tout simplement, prendre un peu d’exercice… Ici, on est prié de pondre quotidiennement et, si possible, des œufs bien calibrés ! Du reste, tout est étudié pour cela : sélection génétique des races, cages minuscules, évacuation automatique des fientes, alimentation non moins automatique en nourriture, évacuation des œufs... Le tout sur des niveaux impressionnants (parfois jusqu’à 6 étages de haut). Ce calvaire est, là encore, soigneusement limité dans le temps afin de palier aux inévitables –et non moins naturelles- baisses de production et de tirer un profit optimal des « carcasses »

 

Ce bilan certes parfaitement lamentable n’est pas pour autant une fatalité mais bel et bien le résultat d’une demande irraisonnée émanant… des consommateurs eux-mêmes ! Afin que les choses changent progressivement, une prise de conscience collective est indispensable. Pour cela, il convient de dénoncer sans complaisance aucune les réalités que cachent ces authentiques «usines à œufs et à viande » et de faire connaître le refus de celles-ci en l’état : s’il est évidemment totalement utopique de penser qu’un retour à un élevage traditionnel soit possible afin de nourrir une population sans cesse croissante, il n’en est pas pour autant chimérique de demander l’application de normes en vue d’un bien-être absolu des animaux : après tout, outre l’aspect humanitaire parfaitement justifié d’une telle revendication, la santé du consommateur n’est-elle pas également en jeu ?


Changer de comportement !

Se renseigner sur l’origine et la manière dont sont obtenus les volailles ou les œufs proposés dans le commerce, est l’étape essentielle pour consommer mieux et ne plus cautionner l’élevage industriel tel que pratiqué actuellement : outre l’adoption d’un régime alimentaire strictement végétarien, le choix de produits d’origine biologique constitue probablement la meilleure alternative en la matière ! Cette option a bien évidemment un coût mais, afin de s’y retrouver, il suffit de réduire quelque peu sa consommation : la satisfaction de contribuer ainsi au respect et à la protection des animaux et d’encourager un élevage où l’on offre aux bêtes des conditions acceptables, ne vaut-il pas très largement un petit sacrifice ?

Jean-Louis Schmitt, secrétaire du Refuge de l'Arche de Noé

Pour en savoir plus : 
la PMAF est la Protection mondiale des animaux de ferme : http://www.pmaf.org

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C
venez faire (si vous avez le temps) un tour sur mon blog pour voir CALY, le petite jument type petit fjord! Je lui est appris à faire la révérence...
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T
celui qui detruit l elevage dit naturel<br /> cautionne l elevage dit industriel
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